Ce dimanche 4 juin, Naples sera en feu. L’occasion est de fêter un événement rare – disons un miracle : le troisième scudetto de son histoire. Pas une rue de la ville qui ne soit pavoisée de bleu ciel et de blanc. Pas un commerce qui n’arbore quelque portrait de joueur mêlé à son activité, que ce soit une parfumerie, une épicerie ou l’opéra San Carlo. Un boucher fait figurer grandeur nature un des attaquants du Napoli tenant une côtelette géante. Et partout des slogans de fierté, d’humour ou d’incongruité. Tel se félicite du retour des Bourbons (et voit le Napoli « champion en Italie » et non « d’Italie »), tel « recommence à partir de trois » comme dans le film de Troisi, tel exprime la participation physique, mentale, totale de la population à l’événement miraculeux. Une rédemption tombée du ciel. Cela tombe bien, c’est la couleur des maillots du Napoli. Comment résister à cette joie, à cette emballement de l’imagination, à cette reconnaissance si longtemps espérée et ...