Une des dernières vagues de rêve qui a saisi la partie occidentale de la ville de Berlin fut celle des années 1970, si proches et cependant si oubliées. Le quartier de Steglitz au sud-ouest projette une modernité reposant sur une accumulation de centres commerciaux autour de la rue du château. L’heure est aux voies express, aux drugstores, aux escaliers roulants, à la voiture et à ses parkings. Le plus beau fleuron de cette époque est la « tour du château », un champignon multicolore poussé au-dessus d’un pont d’autoroute enjambant lui-même la grande artère passante et commerçante et du même coup la station de métro conduisant à ce paradis du shopping. Il surplombe la vie piétonne comme un extra-terrestre échoué en pleine ville, surpris de l’agitation qui l’entoure, au point qu’il semble avoir la timidité de la tentacule de l’escargot, prête à se rétracter. Dans un monde gris de gris, il apporte son lot de couleur, des couleurs franches et même criardes, qui...