Tirés de cahiers recopiés, sélectionnés par Bernhild Boie, cet ensemble* prolonge les écrits comme les Lettrines ou les Carnets du grand chemin , où Gracq a concentré l’essentiel de son effort après ses rares et précieux romans (parfois s’y glissent peut-être quelques ébauches de textes repris ailleurs, suscitant une impression troublante de déjà lu ). Le lecteur s’interroge sur le parcours de qui flirta avec le surréalisme, s’illustra dans quelques romans pour se concentrer sur le genre très subjectif de fragments. L’abandon du roman se pressentait au cœur même des romans les plus réussis à travers le statut de plus en plus évanescent des personnages. La rêverie et la promenade, la poétique du paysage sans personnages devait remplacer un genre dont la séduction tenait sans doute à l’attrait imaginaire de la fiction. Avec ces fragments, c’est le temps d’une critique qui garde quelque chose de la virulence du pamphlet, qu’il pratiqua, et des jugements catégoriques sur l’époque ...