Trente siècles d’ennui pèsent sur mon épaule Citerne tarie Laforgue à Berlin s’ennuyait [1] , condamné à suivre l’impératrice du château de Babelsberg, où l’on ne faisait pas encore de grand cinéma, à celui de l’île des Musées, que l’on ne songeait pas encore à reconstruire sur les ruines fumantes du « Palais de la République ». Sic transit melancholia mundi . Il errait dans les rues en entendant les leçons de piano dont les notes tombaient sur le trottoir depuis les fenêtres entrouvertes en ces dimanches interminables. Et il imaginait les doigts frêles et bien disciplinés qui les frappaient. Ce Berlin avait pour lui, assis sur la formidable puissance technico-militaire qui avait permis l’écrasement des adversaires, à commencer p...