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Affichage des articles du mars, 2017

Le regard sur Eurydice

Il faut peut-être profiter de la lecture à peine faite du petit livre de la « douceur des larmes » ( La dolcezza delle lacrime. Il mito di Orfeo d’Eva Cantarella, Milan, Mimesis, 2016) pour tenter de rappeler quelques aspects de l’histoire d’Orphée. Une figure du pouvoir, une figure de mage tout d’abord, qui unit par son chant, qui pacifie, qui civilise. Il étend son charme au règne des bêtes, qui le suivent, dociles. Une sirène inversée, car le chant des sirènes menait à sa perte qui l’écoutait, le faisait sortir de lui-même. Puis la fin : la dispersion des membres du poète. Le retour sauvage du refoulé, la violence inouïe de la dévoration du poète, garant d’unité. Souvent les vers d’Horace sur la dispersion des restes sont cités comme s’il ne s’agissait que d’une étrange poétique de la fragmentation, en oubliant cette fin atroce et furieuse. Orphée est le technicien du chant. Il maîtrise un instrument, qui fait son pouvoir. La musique matériali...