Il y a quelques années, le cynisme d’un dirigeant d’un grand groupe de télévision avait momentanément ému quand il résumait finalement toute son activité dans la formule du « temps de cerveau disponible » qu’il s’agirait pour lui de « vendre ». L’essence marchande du divertissement était ainsi énoncée dans une formule lapidaire et, sinon bien frappée, du moins suffisamment frappante pour qu’elle reste depuis en mémoire. Pourtant, il n’y avait rien de particulièrement choquant dans ces propos. Qui ne cherche à vendre quelque chose ? Bien sûr, le terme de cerveau tend à objectiver, voire à naturaliser radicalement les téléspectateurs dont il est dès lors clair qu’ils ne sont pas des « sujets », mais cela ne constitue pas vraiment une révélation. Ce qui était peut-être plus instructif est l’investissement de la dimension de la disponibilité . L’attention dont est susceptible un cerveau doit être d’abord reposée par le divertissement, amadouée, ...