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Articles

Affichage des articles du 2013

Neige sur Johannesburg

paru dans Po&sie 125, 2008, p. 51-54  cc oh, He went silence let us hear at the storm the windy snow that takes the last leaves winter no one in your thoughts no direction in the air up and down are nothing while you're training your voice again     6xii13 Antjie Krog  Au nom de l’autre langue La langue dans laquelle j’écris est l’afrikaans. L’Afrikaans, appelé d’après le continent où elle est parlée, est l’une des rares langues à voir le jour au début du vingtième siècle. Les Afrikaner, le peuple dont je viens, n’ont pas seulement perdu la guerre impérialiste contre les Anglais en 1901, mais virent aussi près du quart de sa population mourir dans des camps de concentration. Quand ils rentrèrent à leurs fermes et villes dévastées et brulées, ils utilisèrent l’Afrikaans, appelé aussi « néerlandais de cuisine » car provenant des esclaves, pour former la nation afrikaner. Les Afrikaner parvinrent...

Les Musiciens de Brême: une interprétation sociale.

Publié sur le site de la revue Multitudes , le 1 er octobre 2012 Il faut avoir parfois entendu ou lu sous des vêtements extrêmement divers ces contes de Grimm pour qu’ils commencent à s’imposer dans leur vigueur subversive. Les musiciens ne sont pas des musiciens, mais des laissés pour compte. Ils sont rejetés par une société qui les a utilisés tant qu’elle pouvait, et maintenant que les voilà trop vieux et qu’ils ne peuvent plus fournir la même quantité de profit à leurs maîtres, on s’en sépare, ou bien on les destine à la casserole. L’âne ne peut plus porter. Le coq est mis au chômage de sa basse cour. Le chien ni le chat ne sont plus d’aucune utilité à faire fuir voleurs ou souris. Aucune assurance ne vient compenser cette péremption sociale, dont la violence s’exprime au mieux dans la dernière perspective qui leur est offerte : être mangés. Contre cet avenir qui n’en est pas un, ils se rebellent, indignés à leur façon. Ils aspirent à une sécurité qu’ils n...

De l’Allemagne au Louvre: pour et contre

Paru sur le site de la revue Esprit , 3 mai 2013   Ce n’est pas la discussion contradictoire qui rend en elle-même nécessaire la visite de l’exposition De l’Allemagne 1800 – 1939 : de Friedrich à Beckmann que l’on peut voir au Louvre du 28 mars au 24 juin 2013, mais l’expression d’une disjonction des sens qu’elle a illustrée. Car les descriptions des visiteurs, qu’ils fussent Allemands ou Français, donnaient l’impression qu’ils avaient vu une exposition différente, tant elles étaient discordantes. Les uns criaient au scandale quand les autres s’émerveillaient des œuvres [1] . Cette discussion n’est donc pas le simple écho des divergences apparues lors de la préparation de l’exposition : elle renvoie à la dissociation des modes de perception. Il fallait donc s’y rendre pour comprendre. Cette visite laisse donc de côté les frictions qui ont accompagné la coopération franco-allemande entre le Louvre et le Centre allemand d’histoire de l’art ainsi que l’a...